le Thiblog v3

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jeudi, juin 5 2008

The End

Julien m'a fait remarquer que mon blog était plus à jour. Sur le coup ça m'a plutôt inspiré un Fuck off!
Mais là je viens de quitter un de mes groupes préférés pour la dernière fois, alors pour conclure ce blog un petit billet d'une actualité brûlante...


« Dans chaque départ, il y a une image de la mort. »

Je sais plus qui a dit ça, je sais pas si c'est vrai en général, mais putain j'ai découvert une chose :
quand je mourrai, avoir apprécié chaque minute de mon existence avec vous ne m'empêchera pas de pleurer comme un veau.

Pour finir en musique je voulais la conclusion emblématique qui fait «Lâ Sol# La Sîb La, Do# Ré», mais impossible de la retrouver, alors à la place :

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jeudi, mars 13 2008

Best. Song. Ever.

Et voilà, avec leur saleté de système trimestriel, c'est encore les partiels. Encore 3 dossiers, ce coup-ci ça cause de

  • savoir si la musique de Roots Manuva correspond un peu/beaucoup/à la folie/pas du tout à la théorie des «Nouvelles Ethnicités»
  • quelle(s) vision(s) de la nature est/sont véhiculé(e)s par les biens de consommation, et l'impact éventuel sur les politiques de l'environnement
  • quelle vision de l'exotique tropical est véhiculée par les biens de consommation, et l'impact éventuel sur les «relations inter-ethniques»
Comme tu vois, j'ai réussi à ce que tout se recoupe à peu près avec mon Master, la maximisation sous contrainte y a que ça de vrai. 8-)

Bon enfin ça veut dire que je suis une nouvelle fois le nez dans le guidon à rédiger à la chaîne, alors des fois une petite pause musicale ça fait du bien... Et là je viens de tomber au hasard de mon disque dur sur un petit joyau.

Monte le son.

Eteint la lumière.

Calme-toi deux secondes.

Et assis-toi dans la chaire du Diable.



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mardi, mars 4 2008

Pour toi Thomas...


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samedi, février 23 2008

Random stuff

Bon d'un côté j'ai des photos sans vraiment de rapport les unes avec les autres, de l'autre j'ai des idées que j'arrive pas à rédiger sous forme de billets, alors je vais tout mettre en tas et tu vas te débrouiller hein ?

Le sujet qui a provoqué le billet «Puutaaaiiin!!!» c'est quelques idées retirées de la Debating Society, de la presse politique et des mes lectures académiques sur l'identité. Pas moyen de mettre ça en forme de manière claire et structurée, mais ça parle de multiculturalisme, de vernis politique, de peur de la contradiction et d'individualisme. Ca me fera plaisir d'en parler de vive voix, je serai plus à l'aise que face à un bête PC.

J'ai joué pour la 6ème fois un sketch comique monté avec une britannique sur les relations franco-anglaises, en gros on se lance des clichés à la tête pendant 10 minutes mais ça finit bien. On a écrit ça il y a quelques mois pour un spectacle «pan-européen», et depuis on est passé sur la radio du campus, et dans un spectacle de variétés, c'est sympa parce que j'aime beaucoup l'ambiance de la scène (on fait ça dans des conditions pro) et que ça permet de rencontrer des tas de gens intéressants.

Je fais un dossier sur les influences géographiques multiples du hip-hop britannique. Ce genre me plaît de plus en plus, surtout ici où les rappeurs s'enferment moins dans des caricatures qu'aux US. Ladies and Gentlemen, please meet Roots Manuva, le label Ninja Tune et un leader du grime, Akala.

Et pour finir, une petite mosaïque londonienne :

            

            

            

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samedi, février 16 2008

Nouvel an chinois

La semaine dernière c'était le Nouvel An chinois, et à Londres les animations officielles étaient le dimanche. Les dragons en papier se levaient plus tôt que moi donc je les ai pas vu, mais il y avait encore plein de monde dans l'après-midi.


Pas loin de Leicester (prononcez [lachteu]) Square, s'étend Chinatown, c'est bien sûr là qu'il y avait le plus de stands, de restaurants, de Chinois en grande tenue... Et de touristes.





Après ça le retour a été folklo aussi puisque je suis passé en plein milieu de la manifestation d'Anonymous contre l'Eglise de Scientologie (qui a pignon sur rue ici), et qu'en voulant aller manger chinois le soir justement... Camden Lock avait brûlé quelques heures avant. Une journée bien remplie quoi. ^^

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mercredi, février 6 2008

Putaaiiiiinnnn !!!

Et voilà, c'est la deux ou troisième fois que j'essaye de rédiger un truc vraiment sérieux, construit et tout, et ça prend des jours et des jours de réflexion, d'écriture et de correction, et de recorrection, et de réagencement, et de recommençage à zéro, et, et RAAAAH !

grrr

Allez tous vous faire foutre, je veux boire des bières avec vous en m'énervant, c'est plus facile et plus agréable que de pinailler sur un blog.

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jeudi, janvier 31 2008

Vocabulaire quotidien

Voilà, j'ai soupé, joué pendant des heures, fait un after au pub, réintégré ma chambre excentrée... Et il n'est que 22h. Ca décidément je m'y fais pas. 8-O
Vu que ma journée britannique est finie, c'est l'occasion de consacrer le temps qui me sépare du dodo aux Français. Aujourd'hui un peu de vocabulaire quotidien, celui qui s'apprend sur le tas.

Voici une petite sélection d'une douzaine de mots usuels que j'aime bien parce que pour diverse raisons il représentent pas mal l'Anglais parlé autour de moi, et donc une partie de mon expérience quotidienne.

  1. hi/hey/...
    La formule de salutation des étudiants. A la base c'est "hi" sauf que c'est tellement répété que ça se déforme, surtout selon l'état d'endormissement/alcoolisation/accent de l'interlocuteur. On a donc le "hi" bien propre, mais aussi le "hey" de la personne prise par surprise, le "ha" vaguement articulé à la personne avec qui on a pas trop envie de s'attarder, le grognement vaguement aspiré du petit déjeuner...
    Il y en a pour tous les goûts.
  2. how's your life?
    Je suis déjà pas fan des questions rhétoriques de salutation, mais en fait quand il attendent vraiment une réponse c'est pire (la conversation ne peut pas commencer tant que tu n'as pas assuré que tout va très bien et que tu n'as pas retourné la réponse. Mais bon, "how are you?" on s'y fait encore. Mais quand la question devient "how's everything goin'?" ou le plus affreux "how's your life?" on atteint le fond du fond.
    On va peut-être pas faire semblant d'avoir besoin de tout savoir sur la vie de l'autre pour pour commencer la soirée si ? Ben si. Je crois bien que j'ai tendance à répondre invariablement "fine" en évitant le regard de mon interlocuteur : je ne suis donc pas plus extraverti en Anglais qu'en Français. ;-)
  3. guys
    Je croyais que "guys" c'était les mecs. En fait non : "guy" c'est bien «un mec», mais au pluriel ça s'applique à 'importe quel groupe, pas forcément avec un mec dedans.
    Ce me fait marrer dans le contexte des cours de géographie sociale où l'on parle entre autres de domination masculine, de la nécessité de décentrer l'analyse (c'est-à-dire de ne pas prendre le point de vue dominant pour le seul légitime)... Et où dans une atelier sur le féminisme la prof demande à un groupe de filles uniquement "so what have you guys been coming up with?". Bravo pour «l'aliénation». ^^
  4. stuff
    "stuff" c'est aussi utilisé que «truc», ça se place facilement dans un tas de contextes différents : "I didn't get any stuff done" -j'en ai pas tourné une-, "can you buy some lip stuff?" -tu peux racheter du truc pour les lèvres ?, "we came up with great stuff" -on a fait un truc trop bien, "having parties, big meals, long nights and stuff..." -... boire, manger, dormir et tout ça...". Ce qui est marrant c'est la façon de le prononcer, typique, en rentrant le menton dans le cou et comme si le son sortait brut de la gorge. Pas très sexy mais tellement «couleur locale» !
  5. obviously
    Mon préféré. :-) "Obvious" c'est «évident». L'adverbe qui va avec c'est donc quelque chose comme «forcément». C'est le fin du fin de l'humour glacé et sophistiqué, ça sert à montrer à quel point t'es pince-sans-rire et plein d'auto-dérision.
    Recette typique dans mon cas, maintenant que mon accent français ne s'entend plus dès que j'ouvre la bouche, mais seulement quand je me lance dans des phrases complexes avec du vocabulaire un peu élaboré : je parle un peu, puis au détour d'une phrase je glisse "...because I'm French". Et là blanc abrupt, "eye-contact" et d'un air fataliste "...obviously". En quelques mots je viens de bénéficier de tous les fantasmes sur la France, de montrer que j'apprécie l'humour anglais, et de prouver que je suis conscient de mes défauts de prononciation et que j'en ris. High score!
  6. basically
    Le tic de langage parfait. C'est le «en fait» anglais, le bouche-trou qu'on place partout. Mais alors VRAIMENT partout. Typique des jeunes : "well, basically, you know, what I'm doing is pretty much, basically , 10 hours maths with 1/2h economic history, yup, basically". Un incontournable, j'essaye d'en user avec modération mais c'est bien pratique pour faire naturel pendant qu'onc herche le prochain mot de vocabulaire. ;-)
  7. socially constructed
    Alors ça c'est pas le langage courant des jeunes, c'est plus le pain quotidien de l'étudiant en sciences sociales. Un peu ce que «modalités» est à la BL quoi. Qu'on parle identité, race, ethnicité, genre, sexualité, sens du lieu, regard académique, idées, pratiques, la réponse est unique : «produit de négociations sociales».
    C'est la grande idée depuis les années 80, et comme toutes les idées révolutionnaires qui s'institutionnalisent ça devient une tarte à la crème un peu usante, un truc qu'il faut placer 36 fois par dissertations, et qui sert trop souvent à cacher les insuffisances du raisonnement derrière. En tous cas ça fait parti de mon folklore quotidien.
  8. cheers mate
    Beaucoup plus léger, voici la formule vraiment conviviale, le truc sympa qui montre qu'on est tous une grande bande de potes. A dire avec entrain lorsque quelqu'un te tient la porte, t'apporte une pinte, a besoin d'un petit encouragement, vient d'obtenir un succès quelconque... C'est passe-partout aussi, mais avec une nuance beaucoup plus fraîche et sincère que la quasi-totalité des expressions qu'on répète à longueur de journée.
    J'ai pas encore déterminé avec certitude si ça pouvait s'employer avec vraiment n'importe qui -même sans le "mate"- mais pour d'autres étudiants ça passe à coup sûr et j'aime beaucoup.
  9. *thumb up*
    Lié au précédent, lever le pouce pour quelqu'un s'emploie aussi à toutes les sauces, exactement comme dans le cliché de l'Américain lourdingue qui en fait des tonnes... Exemple : à la Debating Society le juge de séance me demande "Thibaut, can you do First Opp?", j'accepte le rôle, et en se replongeant dans sa liste pour attribuer le rôle suivant il lève les deux pouces à hauteur de tête.
    Le problème c'est que comme justement c'est pas un cliché, du coup si tu le fais pas tu passes pour le dernier des rabats-joie. J'ai dû m'y mettre aussi, si jamais j'ai la faiblesse de continuer de retour en France fous-toi ouvertement de ma gueule, parce que c'est quand même bien ridicule ça aussi dans la série «j'en fais des tonnes pour montrer que je suis trop sympa».
  10. fuck
    Alors là déception inverse, c'est pas du tout aussi courant que dans les films de mafia américains. C'est même assez rare. Un des seules occasions où je l'entends vraiment c'est à la Game Society, et encore de manière détournée. Les jeux anglo-saxons reposent beaucoup sur les dés, et quand le dé fait pas ce qu'on veut, l'exclamation la plus courante c'est "oh, for fuck's sake!". L'autre occasion c'est quand au cours de soirées un copain anglais pratique son français : "je...sooy...szallay...fuck mate!...oski...à Coowshavell... oh fuck mate!...say...no, ssayté tweu byen...oh fuck mate, fuck, my French is crap !"
    Plutôt que "fuck" c'est "heck" qu'on entend. "What the heck is he talkin' about?" -mais qu'est-ce qu'il raconte ? Dans les mots qui ne veulent rien dire mais qui sont utilisés pour remplacer des termes «pas beaux», sur le principe du «parbleu !» pour ne pas jurer «par Dieu !» il y a "oh my gosh!" au lieu de...
  11. OHMYGOD!
    A hurler d'une voix suraigüe an agitant hystériquement les mains. Variante avec l'accent des collégiennes noires qui rentrent en bande par le même bus que moi, "OMAGAD!". Insupportable. Encore une fois, à utiliser pour un oui pour un non, mais seulement pour les filles, jamais entendu un mec dire ça. De manière générale, les Anglais montent beaucoup plus dans les aigus que les Français, et les Anglaises font des sons bizarres... Et pour tout dire assez effrayants.

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lundi, janvier 21 2008

Balloon Blues

En faisant un peu de tri sur mon disque dur, j'ai retrouvé une image marrante, et plus si affinités...

Paris-Gare du Nord, dans la salle d'attente de l'Eurostar, au-dessus de la foule qui ne le remarque pas, coincé à l'envers, un Bugs Bunny en hélium a échappé à son propriétaire.


Cette vue, ça me saute aux yeux comme l'incarnation du blues. Ca m'amuse parce que ce lapin a une bonne bouille, et que sa position m'a surpris. En même temps j'imagine la peine du gamin qui a laissé échapper son cadeau hors de portée et pourtant en vue, et ça me fait mal aussi. Le lapin sourit à tout le monde, et tout le monde s'en fout.
Cette ambivalence dans cette gare, où je quitte des kopaings avec qui j'ai envie de rester pour rejoindre un endroit où j'ai envie d'être, c'est aussi un écho de moi-même à ce moment-là, et c'est exactement comme ça que je ressens le déchirement du blues.

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mardi, janvier 15 2008

Billet sans intérêt

... Ou alors pour pas grand-monde.

J'aurais prévenu hein.


Daca ! \o/

Ca me fait franchement plaisir d'avoir de tes nouvelles directement. :-)
J'avoue qu'après quelques mois j'avais arrêté de vérifier www.sansinteret.info régulièrement.

Comme j'ai horreur de mélanger personnel et intime j'arrête là et je vais plutôt te conseiller un auteur en guise de dédicace.

Ah si, un truc qui aurait pu te faire plaisir, j'ai tenté sérieusement de passer à Linux ce Noël. A coups de Live CD et de Wubi, après un peu de gratouille et beaucoup de recherches j'ai fini par découvrir que la carte son de mon modèle de portable est pas correctement prise en charge par (K)Ubuntu. Ce sera pour la prochaine fois donc, parce que sans la musique c'est heu... Même pas en rêve.

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dimanche, janvier 13 2008

Londres en images

Hop ! Pour fêter le passage du Thiblog en v3, je lui paye un nouveau look ! Restent quelques trucs à régler (qu'est-ce que ces saletés d'archives font en haut du menu ? ><) mais on est déjà mieux dans l'ambiance. Dans les mois qu'il me reste, il faut que j'aie vu tous les monuments de la bannière.


On commence avec le coin que je fréquente le plus, le quartier de la fac. En cours de route, je passe devant quelques bâtiments sympas :

                                         

Quand je disais qu'ils aiment bien mettre en tas toutes sortes de styles architecturaux différents, ça veut dire qu'on trouve des trucs comme ça :

Une fois à l'intérieur, c'est confort. Ce trimestre j'ai cours dans de grands amphis prestigieux avec plein de boiseries... Il y en a même un qui a de la moquette au sol ! Dans les bilbiothèques, pas de guichet où on patiente des plombes, tout est en accès libre. Du coup ça fait des empilements de bouquins caricaturaux, on a l'impression d'être dans les archives de Gaston Lagaffe.

                            

Et pour finir l'UCL est un monstre académique de telle envergure qu'elle a des pâtés de maisons entiers de campus. Et des fois on se retrouve dans des coins flippants. La dernière fois que j'ai voulu prendre un raccourci pour rejoindre l'amphi d'anthropologie, par exemple...

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jeudi, janvier 10 2008

Nouveau départ

Le Thiblog deuxième période s'essoufle, il était temps de lancer le retour du fils de la vengeance II. Et justement, le Père Noël m'a apporté un appareil photo tout neuf, alors levant les yeux vers le ciel et tendant l'index vers l'avenir (ou l'inverse), j'annonce que le Thiblog v3 sera en images ou ne sera pas !



Embarquement immédiat.

Le départ, c'est aussi celui de Paris, après avoir fait la fête avec tout plein de kopaings. "Paris by night", ça donne des trucs comme ça :

                                      

Paris c'est une ville super-chouette. D'abord les Britanniques fantasment dessus à un point que j'aurais pas imaginé. C'est vrai que l'unité architecturale et le contraste entre la pierre claire et leurs briques rouges doivent leur donner l'impression d'être dans un décor de cinéma. Mais Paris c'est aussi le métro, qui pour montrer que lui aussi est super-chouette, affichait une carte très originale. Trace ta route compagnon :


Côté londonien, l'Eurostar arrive maintenant beaucoup plus près de chez moi, dans la gare de King's Cross-St Pancras. Et là, c'est Noël tous les jours :

                                   

Un détail pour conclure ce billet et introduire les prochains. Cette photo illustre pas mal l'architecture de Londres, la juxtaposition immédiate de la brique victorienne et du métal contemporain. Il ne manque que le verre :


Billet original sur le Thiblog v2 et demi

vendredi, décembre 14 2007

Je ne suis pas mort !

Hé non. Bon ça fait un moment que j'ai pas touché à ce site, d'ailleurs j'ai retrouvé une toile d'araignée dans l'interface d'administration. 8-O
Petit point sur ce qui m'a tenu éloigné du Thiblog.

Bon d'abord j'ai beau être un geek, ça reste de la communication à distance ce que je fais là, et j'ai jamais été très fort à ce petit jeu.


Ensuite la quantité de boulot a augmenté sensiblement ces derniers temps. En fait les facs ici ont un système d'évaluation encore plus vicieux qu'en France : l'année est divisée en trois trimestres. Les deux premiers sont des trimestres de cours, on change de cours d'un trimestre à l'autre. A la fin de chaque trimestre, on rend un dossier par cours sur un thème précis. C'est un peu comme les TD français quoi, sauf que c'est pas à l'oral. Là où ça devient vraiment vicieux, c'est que tous les écrits sont concentrés au troisième trimestre. Je vais donc avoir une interro de 2h par cours au mois de Mai... Sur les thèmes dont on aura parlé en Novembre sans les entretenir dans l'intervalle. Génial. ):-(

En attendant, les dossiers en question doivent faire 2500 mots. J'ai pas mal balisé sur ce que représentait cette longueur, avant de réaliser que c'était à peu près ce que je rendais toutes les semaines au bout de 6h en khâgne. La différence c'est que les connaissances emmagasinées avant ces 6 heures je dois aller les chercher moi-même, c'est sûrement pas en cours que j'ai juste à me poser, ouvrir les oreilles et activer les neurones.
Donc là en ce moment je planche sur trois mini-dossiers :
  • Dans quelle mesure la ville de Londres influe-t-elle sur la redéfinition des rapports entre groupes turcophones ? - en gros je regarde si le changement de contexte spatial, social et institutionnel des immigrés turcs, kurdes et chypriotes change la façon dont ils se voient et dont ils voient les autres
  • «L'esprit et la tradition de l'Occident dans un jean»... made in China : le cas de Wrangler comme illustration du pouvoir des multinationales dans le processus de production - là c'est analyser le processus par lequel les vendeurs contrôlent toutes les étapes de la confection de leurs produits, et camouflent ce pouvoir aux yeux du consommateur
  • Titre encore à venir - un truc sur les différentes stratégies de Londres et Paris pour attirer les investisseurs avec des arguments autre qu'économiques (là je suis un peu just sur les références :-$ )
Ca se passe pas trop mal donc. J'ai chopé la crève en courant dans la boue et le froid derrière des gars en combinaison complète et équipés de baskets fluos à crampons, des fois je me fais peur.

A part ça j'améliore sans arrêt la vitesse à laquelle je repasse un T-shirt et celle à laquelle je joue les solos de Charlie Parker. Malheureusement le P'tit Chinois d'en face n'a toujours pas amélioré la vitesse à laquelle il massacre My Way, c'est toujours aussi long. ;-(

Samedi soirée de Noël et d'au revoir avec les copains Erasmus qui rentrent chez eux. J'avais raison de vouloir partir un an entier, un trimestre c'était pas assez pour voir tout ce qu'il y a à voir, faire des trucs sympas, et simplement profiter de la vie quotidienne. Le prochain quartier que je veux visiter c'est Brixton, le coeur du Londres afro-caribéen, et j'ai toujours pas vu de groupe de musique qui ne passe jamais en France, je veux !  (Il y avait Led Zeppelin reformé pour l'occasion cette semaine.)

Et pour finir, niveau geekage j'ai enfin terminé avec quelques cyber-camarades de jeu le site sur GnooDiplo, un jeu de gestion et de diplomatie contemporaine multijoueur. Ben ouais, quand je peux pas expliquer des règles de vive voix, je le fais par articles interposés. 8-)

Voiloi voilou, c'étaient les nouvelles du moment. En fait si j'ai eu le déclic pour reprendre ce blog, c'est dû à Alexis. Il a fait un truc extraordinaire sur lequel je veux faire un billet à part, et de voir un projet comme ça aboutir ça m'a boosté.
En attendant le prochain billet -qui arrive bientôt parce que si je le fais pas avant de revoir Alexis c'est la honte-, visite A corps parfaits.

En dédicace et en guise de mise en bouche pour la visite de son site :

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vendredi, novembre 16 2007

Gastronomie (si si)

Puisque je me suis vengé de ma jalousie des photos avec Ganesh, voici venu le moment de me venger de ma jalousie des excellents billets gastronomiques d'Eliza en parlant de ce qui est mangeable de ce côté de la Manche.
Je te cache pas que ça a pas été facile-facile, mais j'ai réussi à sauver deux-trois trucs de la cuisine anglaise. Voilà mon Top 3. Une règle générale pour commencer : globalement, je dirais que les Anglais sont fans de l'apparence «mixture infâme». Ca aide pas à repérer les quelques plats potables au milieu du massacre. Parce que faut bien dire ce qui est, dans l'ensemble c'est bien un massacre.
Heureusement que la cuisine anglaise est assez pauvre pour pas constituer l'ensemble des plats. Heureusement aussi que l'influence indienne amène un peu de poulet pour changer du boeuf et de curry pour relever les choux de Bruxelles.
Cela dit dans ce billet je vais faire exactement le contraire de ce que je fais dans mes études, je vais faire comme si le poulet tandoori était pas aussi britannique que la gravy (épaisse sauce de base dont le but est de masquer la viande qui est dessous). Je vais faire comme si on pouvait décider arbitrairement ce qui est «pur» et ce qui l'est pas, au détriment de la réalité. Mais j'm'en fous, je suis en-dehors des heures de cours. :-D Spéciale dédicace à Brice H., à bientôt dans les urnes clermontoises.

Première dans un ordre parfaitement aléatoire : la sauce à la menthe. Là j'ai triché j'en avais un bon souvenir, donc j'ai investi directement dans un pot. Un de chez Colman's, la marque recommandée par Sa Gracieuse Majesté en personne. Si si, il y a un label pour ça. Ca c'est typiquement anglais, c'est un magma allant du vert pomme (pour les trucs chimiques édulcorés) au noir (pour les arrache-gueules) en passant par un honnête vert gazon (pour un bon équilibre entre goût et piquant). C'est rien de plus que de la menthe macérée dans du vinaigre, et du bon plus du bon en général ça fait du bon. Et puis ça fait encore une façon différente d'accommoder les nouilles.


Deuxième lauréat, un classique encore : le crumble. C'est toujours un fourre-tout bordélique, mais cette fois caché sous une belle croûte bien dorée. Et ça il savent le faire. Attention quand même il y a un piège : il faut se jeter en travers de la table pour saisir l'assiette avant que le cuisinier ne noie la part de crumble sous un demi-litre de custard (épaisse sauce de base dont le but est de masquer le gâteau qui est dessous). En effet la plupart des desserts consistent en un étouffe-chrétien (catholique de préférence depuis Henri VIII) dont on essaye de compenser l'aridité en l'imbibant d'un semi-liquide sucré.


Et pour finir, un peu moins consensuel : les pickles. Il y a quelques années, les Gallois chez qui j'ai passé deux semaines mettaient tous les jours dans mon sandwich des trucs que j'ai jamais pu identifier. C'était des sauces dont la couleur changer légèrement d'un jour à l'autre, avec des petits carrés dedans. C'était bon, un peu épicé, mais impossible de dire si la goût ressemblait à quelque chose. Récemment j'achète un sandwich au hasard, et je retombe sur ces machins ! Je fais aussitôt demi-tour pour lire l'étiquette en rayon... Et ben voilà, c'était des pickles, un émincé de légumes macérés dans du vinaigre (encore). Selon le type de légumes, ça change la couleur, et légèrement le goût, c'est très étrange mais assez agréable.


Et voilà, 3 aliments anglais de sauvés. Mais ne crois pas que j'ai abandonné toute fierté stomacale, il y a beaucoup de mauvais, et même du franchement irrécupérable... Après le Top 3, le Bottom 3 arrive bientôt !

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jeudi, novembre 8 2007

Diwali

Aujourd'hui est un jour faste, deux billets d'un coup !

Il y a quelques jours c'était Diwali, une grosse fête des religions hindoue, sikh et jaïniste. Le nom des personnages change de l'une à l'autre, mais l'idée est de célébrer la victoire du dieu de la lumière et du bien sur un démon quelconque. Vu que les Londoniens d'origine indienne sont nombreux, c'est un évènement ici aussi. Et comme j'étais jaloux des photos de Cécile, Eliza, Myrtille, Rachel et Sarah, moi aussi je pose à côté de Ganesh, na !

A ce propos je pense à investir dans un appareil photo, histoire de pas être dépendant de celles des autres et de celles que je grappille sur internet.

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Erasme & Bentham

Haha, mystérieux le titre hein ?

Va falloir lire l'article pour savoir ce que j'ai bien pu vouloir dire ('pis le temps que tu cliques ça me laissera le temps de m'en assurer moi-même :-D ).
  • Erasme, c'est le monsieur qui a donné son nom aux accords Erasmus qui me permettent de passer enfin une année dans un pays anglophone. J'ai pas de biographie beaucoup plus précise que celle-là (je suppose que je pouvais pas faire un blog sur une année à l'étranger sans faire référence au moins une fois à l'Auberge espagnole... Mais juré, moi j'avais envie de partir avant de connaître ce film ! Et en plus le passage sur l'administration ne me fait même plus rire, pour l'avoir vécu au mot près plein de fois, OK OK je la ferme cette parenthèse).
  • Bentham (Jeremy, Erasme a pas de prénom parce qu'à son époque ça avait pas encore été inventé) c'est un philosophe utilitariste du XVIIIème, figure tutélaire de l'UCL qu'on nous ressort aussi souvent que Blaise Pascal dans le lycée clermontois du même nom. Notons que le monsieur a émis le souhait que son corps soit conservé et exposé pour toujours dans la fac. Charmant non ?
Pourquoi associer Erasme et Bentham ? Parce que j'ai l'impression que dans une année Erasmus il y a deux expériences distinctes. La première c'est d'aller à l'étranger, et la deuxième c'est d'y aller avec des étrangers.

Aujourd'hui j'ai fait une excursion à Oxford avec un groupe de copains allemands, néerlandais et belges, eux aussi en Erasmus. On a visité la ville en parfaits touristes, on a discuté expressions typiquement nationales, façons de manger (tous des barbares, maintenant je sais que je pourrai jamais m'installer que dans un pays latin 8-) ), code de la route comparé... On a fait une belle balade dans un ville anglaise, mais on a surtout parlé de nos pays respectifs, et si on parlait d'un truc local c'était toujours «de l'extérieur».
Avec les Anglo-saxons du club de débats, de la résidence ou des cours, le type de discussions est différent, je parle avec des gens qui sont «à l'intérieur» et je découvre vraiment les façons de voir britanniques. Et quand je me balade seul hors des quartiers touristiques et/ou commerçants je fais partie du décor.
Je le dis sûrement de manière trop abstraite, mais c'est deux ambiances vraiment différentes. L'expérience Erasmus, j'imagine sans mal que c'est exactement la même pour Anaïs, Eliza, Julie, Pierre, Rachel... C'est ce dont parle l'Auberge espagnole, un truc collectif entre bouts d'horizons variés. L'expérience britannique, c'est parce que je suis à Londres et que je cherche «ce que ça change». C'est plus une affaire personnelle, ou plus exactement une affaire entre moi et un tout déjà constitué.
Il est pas question de savoir si l'une est plus intéressante ou importante que l'autre, en tous cas moi j'adore les deux et je compte bien les pousser toutes les deux à fond. Je donne une main à Erasme et l'autre à Bentham.

Voilà, je sais pas si l'idée est bien passée, mais c'est un truc que je trainais depuis un petit moment, et que la sortie d'aujourd'hui a amené à maturité.

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vendredi, octobre 26 2007

Le débat à l'anglaise

Je rentre tout juste d'une séance d'entraînement du «club de débat» de l'UCLU, et cette fois je n'ai pas participé en tant qu'orateur, mais en tant que «juge». Comme ils ont une manière de faire très formelle et assez marrante (très loin de notre foire d'empoigne latine), ça ressemble à un jeu...

Et j'aime bien expliquer les règles du jeu !

Alors voilà, comme toute université qui soigne son image, l'UCL a une Debating Society, un groupe d'étudiants qui débattent entre eux, et contre d'autres clubs lors de compétitions.

Mais attention, il s'agit pas de se lancer dans des discours-fleuves, de couper son contradicteur en parlant plus fort que lui ou de donner dans l'ad hominem. Pour éviter ça, et pour se donner un genre nous-sommes-les-politiciens-de-demain-attention-mes-dents-raclent-la-moquette, ces clubs ont repris le protocole de certains débats parlementaires. Ca donne un cadre extrêmement formel (et assez déroutant pour un adepte de la discussion à bâtons rompus comme moi) dont voici les règles, avec plein de bouts de folklore dedans.

D'abord, la motion. C'est le sujet du débat, toujours introduit par la formule «This House Believes that...» (the House symbolisant la majorité à la Chambre des Communes -House of Commons, l'Assemblée nationale britannique). Motion d'aujourd'hui : This House Believes that Abortion is Murder, «avorter c'est assassiner».
Chaque équipe a entre 10 et 15 min pour préparer ses arguments... Et sa stratégie, puisque les discours de chacun doivent se compléter efficacement. De chaque côté de la table, les deux camps, Prop et Opp, partisans et opposants. Chaque camp est divisé en deux équipes de deux orateurs, aux rôles légèrement différents. Chaque orateur a 5 minutes de parole, dont la première et la dernière sont «protégées», c'est-à-dire que le camp opposé ne peut pas poser de questions pendant l'introduction et la conclusion.
D'abord le First Prop prend la parole, définit la question et annonce pourquoi il faut soutenir la motion. De préférence en trois points, la rhétorique est la même des deux côtés des effets de manche de la Manche.
Puis le First Opp entre en piste, et attaque les arguments précédents, et annonce la ligne de son camp.
Vient le tour du deuxième orateur de l'équipe First Prop, puis le deuxième de l'équipe First Opp. L'un et l'autre démontent les arguments opposés et démontrent la supériorité des leurs...
Puis vient le tour du «bout de table» (parce qu'on est assis par ordre de passage). Comme les arguments fondamentaux sont censés avoir été déjà bien utilisés au cours des 4 premiers discours, les premiers orateurs des équipes Second Prop et Second Opp sont chargé d'élargir le débat, en apportant une perspective qui renouvelle leurs position.
Enfin les deuxième orateurs de ces équipes font un résumé du débat. Ils retracent l'historique des arguments échangés et en concluent en toute bonne foi que leur camp a été le meilleur. Bien sûr. :-$ Ils ne sont pas censés apporter d'élément nouveau au débat.

Au début et à la fin de chaque discours, le juge introduit et remercie avec une formule rituelle, et tout le monde applaudit.
Quand l'orateur n'est pas «protégé», le côté adverse peut à tout moment se lever en demandant un «Point of Interest» pour poser une courte question, de préférence fermée, à l'orateur, ou un «Point of Clarification» pour rappeler une définition ou invalider une assertion un peu rapide. L'orateur peut choisir s'il accepte l'interruption ou non. Qu'il ait la magnanimité de laisser s'exprimer ses contradicteurs sur son temps de parole, ou qu'il ignore les tentatives d'obstruction désespérées des rageux d'en face, dans tous les cas il faut qu'il réponde avec classe et force gestes éloquents à ces demandes.

A la fin du débat tout le monde sort et les juges, qui surveillent la montre et sanctionnent le hors-sujet, préparent une critique générale du débat. Trois critères : l'aisance du style, le travail d'équipe, et le choix des arguments (quand même). Ils élisent enfin l'équipe gagnante en fonction de ça.

Bon, pour illustrer ça, j'ai essayé de te trouver une vidéo, mais c'est pas facile... J'ai quand même ça, un débat international sur le modèle britannique. C'est un peu long, mais se balader d'un moment à l'autre suffit à se faire une idée de l'ambiance.


Donc ça c'est les Debating Workshops du jeudi, mais le club propose aussi, les lundis, des débats sur un modèle un peu différent, laissant un temps de parole important à des personnalités politiques invitées. Dans chaque camp, un député et un étudiant, sur des sujets d'actualité. Je suis allé aux débats sur l'entrée de la Turquie dans l'UE et la vidéo-surveillance au Royaume-Uni.
C'est marrant d'avoir des points de vue différents sur les positions françaises (tous les anti-Turquie européenne font de Sarkozy leur chef de file), et de voir comment les frontières idéologiques sont différentes d'un pays à l'autre. Par exemple les Conservateurs britanniques sont bien plus au taquet sur les libertés individuelles que la droite française, et l'anarcho-capitalisme est pas si rare que ça ici.
C'est moins marrant de voir qu'ici comme ailleurs la xénophobie éprouve le besoin de se travestir sous «l'incompatibilité culturelle», et que des règles formelles empêchent pas de noyer l'absence d'arguments sous un flot de jeux de procès d'intention faciles et d'humour à deux balles.

Pour la vidéo-surveillance, j'en reparlerai bientôt, parce que ça vaut le coup d'en faire un billet à part.

Dans l'ensemble j'aime beaucoup ces débats, parce qu'avec ce système très cadré on peut débattre pour de vrai avec des inconnus tout en restant dans une atmosphère ludique très sympa, et puis ça me force à parler de façon bien intelligible (en trois points dans un temps imparti, il y a un petit arrière-goût de colle d'éco ;-) ).
En fait la première fois j'y allais juste pour voir, mais ils m'ont forcé à participer, du coup je me suis jeté à l'eau, et j'y retourne toutes les semaines.

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dimanche, octobre 14 2007

Students'Union

Une Students'Union, c'est une énorme corpo qui gère à la fois l'assistance aux étudiants, leur représentation auprès de l'administration, la protection de leurs intérêts, leur mise en relation avec les employeurs, des équipements (boutiques, bars, salles de sport ou de réunion) et les activités extra-scolaires. Rien que ça.
C'est un truc monstrueux, il y a des responsables élus qui doivent prendre des années sabbatiques pour s'en occuper à plein temps, ça brasse des centaines de milliers de livres... Et ça crée une convivialité exceptionnelle, surtout les activités extra-scolaires.

Pour présenter les centaines de societies différentes (des «clubs» proposant des activités autour d'un centre d'intérêt précis), il y a une période de présentation à la fac. Freshers' Fayre que ça s'appelle.
Pendant deux jours, tous les couloirs de l'UCL ont été bondés de stands au coude-à-coude, chacun essayant d'attirer les étudiants à l'aide de pancartes colorées, de prospectus accrocheurs, de slogans hurlés plus fort que ceux du stand d'à-côté, d'accessoires exotiques... Et de «free drinks!».

La liste des clubs est complètement hallucinante, il faut y ajouter les associations culturelles non-étudiantes (orchestres, théâtres...), les sponsors de tout ce petit monde, car la fac ne finance qu'en partie cette débauche de prestations et de moyens, et quelques bonus comme l'armée ou le don du sang.

Je me suis bien amusé dans ce souk général. Je me suis aussi instruit. J'ai découvert un sport nommé «Lacrosse», une sorte de handball mais avec des crosses (sur lesquelles il est marqué qu'on peut mourir d'un coup de ces machins dans la tête, sympa), je me suis fait expliquer en quoi consistait la Conscience de Krishna (c'est pas gagné), j'ai essayé un turban sikh (le club des P'tits Chinois n'avait pas de chapeaux coniques), je me suis demandé si le fait que le club des Conservateurs soit la plus grosse structure politique sur le campus était lié au fait que la première chose qu'ils te disent (avant même de te dire qui ils sont) c'est «Do you like Gin ? We have free gin at our meetings.» , j'ai fait ce qu'il fallait pour donner mon sang et prendre des tas de merdouilles gratuites.
La phase de butinage passée, gueule de bois : on se retrouve du jour au lendemain complètement spammé de courriels d'informations bourrés de points d'exclamation. Fallait pas donner son adresse à tous le stands marrants aussi hein. oO

Je me suis désabonné de certaines, et j'en ai essayé quelques-unes, puisque les deux premières semaines sont sans contrainte, on ne s'engage vraiment qu'une fois qu'on est sûr d'être intéressé.

  • Le club d'escalade avait l'air sympa (et puis il y avait des toasts au fromage à la première réunion :-D ), mais comme il fallait payer la salle à chaque entraînement, trop cher.
  • Le club européen était sympa, j'y ai rencontré pas mal d'Erasmus. Quand ils nous ont dit qu'ils faisaient des séances de cinéma européen, je m'attendais à de l'Auberge espagnole, du Land and Freedom, du Soldat Ryan... Du transnational quoi. Ben ils ont passé Taxi 2 (celui avec les P'tits Chinois dans le rôle des méchants, pas le premier où c'est des Allemands européens).
  • Plus accrocheur, le club de course à pied : deux entraînements pas semaine, des courses dès la semaine prochaine, et une bonne ambiance. Vendu !
  • Le «club de débat» est marrant aussi, avec en alternance des invités sur un thème précis ou des ateliers pour les étudiants. Ca fait travailler l'oral (ils m'ont forcé à participer dès la première séance malgré mes appréhensions sur le niveau de langue requis), la réflexion, et c'est marrant parce qu'ils ont une procédure très rigide inspirée du protocole de la Chambre des Communes britannique. Ca mérite un billet rien que pour le règles du jeu ça. ;-)
  • En parlant de règles, j'ai trouvé aussi un club de jeux de société ! :-D Bon j'ai un peu triché, je suis allé le chercher dans les activités proposées non par l'UCL, mais par l'ULU, la Students' Union de la structure qui fédère les diverses structures universitaires de Londres. Ils ont l'air plus axé jeux de rôle et de tactique que jeux allemands ou d'ambiance, mais j'ai amené de quoi les convertir (avec des aides de jeu traduites en anglais pour l'occasion, si si).
  • Et last but not least, il y a un BigBand assez gentil pour attendre que je récupère mon sax avant de les rejoindre. Que demande le peuple ?

Voilà, les 3 ou 4 dernières régulièrement et les pub crawls (une demi-heure dans chaque bar du quartier, tous les clubs font ça une fois par mois -au moins) européennes devraient suffire à m'insérer totalement sans trop de problème.

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mercredi, octobre 10 2007

Master 1 de géographie culturelle

C'est comme ça que s'appelle ce que je fais cette année.
OK mais ça mange quoi l'hiver ? Peu d'heures de cours mais une bonne dose de post-modernisme (non non, ne fuis pas ;-) ), le tout pour un régime super-intéressant.

Sans rire, j'aimais déjà les études que j'ai fait depuis quelques années, mais là j'ai choisi en pleine connaissance de cause, et ça c'est génial.

Bon donc Master 1 c'est pas trop difficile à cerner. Mais la géographie, c'est une discipline extrêmement large : j'aurais pu prendre le côté sciences physiques et faire un mémoire de géomorpholgie, un truc qui aurait ressemblé à ça :

À lʼexclusion des roches ophitiques, des grès sommitaux, des marnes blanches à silex, des marnes miocènes et des
formations alluviales, constituant les abords du massif, les roches dominantes sont meubles et riches en matériaux
particulièrement solubles. Les déformations internes de type fluage révèlent des phénomènes de glissement en masse ;
mais des cristaux de gypse automorphes de taille pluricentimétrique, sans orientation préférentielle, appartiennent
probablement à la dernière génération de gypses (Asebriy, 1983). Ces roches tendres, regroupant les marnes triasiques
(argiles gypso-salifères du complexe triasique) et les marnes crétacées plus tendres, sont très sensibles à lʼérosion
et affectées par des mouvements de masse. Ces formations (figure 3) sont constituées des évaporites, dʼargiles rouges
très gypsifères, dʼargiles vertes, des marnes rouges et dʼophites altérés, emballés dans une matrice fine des argiles
bariolées triasiques (Dupond et al., 1938; Sebbag, 1957 et Jeannette, 1957).

...Étonnant, non ?
Ou alors, j'aurais pu prendre le côté urbanisme/développement durable/aménagement/logistique, histoire d'avoir un vrai métier au bout. Mais non, moi ce que j'aime c'est croiser les sciences sociales et comme je veux être prof, j'm'en fiche qu'il y ait pas d'autre débouchés.
Donc j'ai pris le Master «Culture, Patrimoine et Politique», un truc un peu fourre-tout avec, entre autres, de la géographie culturelle.

Alors la géographie culturelle, c'est quoi ? Une culture, déjà, on a du mal à définir ce que c'est exactement, ce qu'on met dedans, où ça s'arrête et comment ça se comporte à travers le temps et les frontières. Or malgré ce flou, c'est un concept qu'on retrouve très souvent, y compris en politique où elle sert à justifier des choses autrement plus graves que de pures controverses universitaires. Depuis la fin des années 1960, notamment sous l'influence de chercheurs marxistes d'une part, féministes ou originaires des ex-colonies britanniques d'autres part, les sciences sociales se sont dit que la définition d'une culture, c'était un enjeu de pouvoir en soi, pas une substance immuable mais le fruit de luttes de sens entre des acteurs biens situés. La géographie culturelle se donne donc pour objet de décrypter comment le contenu de ce terme est défini localement, au prix de quelles négociations, entre quels groupes, etc...
Bon cette définition prétend pas être la panacée, mais pour l'instant j'en suis là dans ma démarche. On verra comment ça évolue.

En tant qu'étudiant «affilié» ici à l'UCL, je peux choisir mes cours dans tous ceux proposés aux Britanniques en Licence, et pas seulement à l'UFR de géographie. Donc cette année, je vais étudier :

  • l'économie de services et le développement régional ; bon ça c'est le moins bien, trop abstrait pour de la géographie, pas assez approfondi pour de l'économie
  • le développement régional dans le contexte de la mondialisation ; han, le prof il fait rien qu'à avoir un accent autrichien terrible 8-O
  • les interactions entre la société et son espace ; comment l'un modèle l'autre et vice-versa, les Anglo-saxons ont la même dialectique que nous
  • la distinction entre nature et culture ; parce que si on décide que la culture c'est un truc immuable, c'est quoi la différence avec le naturalisme à la Hegel ?
  • la géographie de Londres ; pour avoir des exemples locaux
  • l'anthropologie de la consommation de masse ; ici ils ont pas de socio, mais un UFR d'anthropologie
Voilà, tout ça me fait... 6 à 7 heures de cours par semaine. T'as vu Alexis, chuis même pas jaloux. 8-)

Le reste du temps je me tourne pas les pouces quand même, puisque je dois rendre un mémoire à mon directeur de maîtrise en France en Juin, comme n'importe quel étudiant de Master 1. Et comme il faut décider d'un champ d'intérêt, ce sera sur les rapports entre culture et consommation. D'où le choix de cours.
L'avantage, c'est que ça me permet de croiser pas mal de sciences sociales (géo bien sûr, socio, éco, sciences po, histoire...), et ça j'aime !

Pour l'instant je vais au cours et je fais des lectures sur mon sujet, en attendant de choisir un objet d'études concret à observer un peu systématiquement. Promis Karen, quand je saurai comment je donnerai des nouvelles. ;-)

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samedi, octobre 6 2007

Démarrage

Déjà 3 petites semaines que je suis là. 8-O

Ca en fait des choses à raconter : la découverte de la résidence, du quartier, de la fac, des petits camarades... Et le pire c'est qu'il va falloir que je mette un semblant d'ordre dans tout ça !

Alors dans l'ordre, je suis arrivé mardi 18 à la gare de Waterloo sur les Kinks, pour me mettre dans l'ambiance. Je me suis même pas perdu dans le métro pour rejoindre le Nord de la ville, plus précisément Camden Town, quartier des Punks et des Goths. Je ferais un billet à part pour ça, faut que je trouve des photos avant.

Je suis logé en résidence universitaire sur un site nommé Ifor Evans, qui rassemble 4 corps de bâtiments et un pub autour du self, où sont servis petits-déjs et repas du soir en semaine seulement. Pour le week-end, il y a une cuisine pour l'étage. Cela dit, je sais pas ce que mangent mes voisins, ou s'ils mangent tout court, parce que pour l'instant j'en ai pas vu un seul aux fourneaux. Tant mieux, ça me laisse plus de place et je peux mettre ma musique en même temps. On partage aussi 2 WCs, 2 douches et 1 baignoire. Pour l'instant c'est super, on est pas plus de 6 ou 7, on se marche pas dessus.
Dans la chambre même, 1 grande fenêtre, 1 lit, 1 table de nuit, 1 armoire, 1 bureau, 1 évier, 1 placard, des étagères et un super-fauteuil : mieux que le minimum donc. Et coup de pot quand on connaît les intérieurs anglais, mes rideaux sont d'un goût tolérable. Ouf.

Une grosse appréhension en partant, c'était la bouffe. Bé oui, maaanger c'est important ! Et là bonne surprise, le self est très bien, ça fait plusieurs fois que je me surprends à aimer pour de vrai le plat que j'ai choisi. Bon par contre je te cache pas que les matins, quand on s'arrache péniblement du lit vers 8h30 et qu'on arrive devant le présentoir à moitié dans les vapes, se faire agresser par des saucisses fumantes, des frites, des oeufs au plat et SURTOUT, surtout des fayots en sauce... Là c'est très dur. :-/

J'ai parlé de mes voisins, ça m'amène au sujet épineux des P'tits Chinois. Les P'tits Chinois sont partout, partout à la fac, partout à Ifor Evans, et partout autour de ma chambre. Les P'tits Chinois font rien qu'à essayer de faire croire qu'ils sont pas tous pareils, qu'ils ont des nationalités différentes, et même des noms individuels ! Bon c'est dur, mais je pense que d'ici la fin de l'année il y en aura deux ou trois que j'identifierai, et deux ou trois dont je retiendrai le nom. Pas forcément les deux ou trois mêmes.
Malgré leur nombre, les P'tits Chinois ne peuvent pas masquer le fait qu'il y a pas mal d'étudiants internationaux à Ifor Evans, et pas qu'extrême-orientaux. Ceux qui ne sont pas étrangers sont forcément des Freshers, des étudiants en première année. Eux découvrent l'indépendance, les soirées étudiantes et le volume max de leurs chaînes. Finalement je préfère les P'tits Chinois. :-$

En fait, ceux dont je suis le plus proche, ce sont les autres étudiants Erasmus, rencontrés dans les conférences de présentation de l'UCL, une des deux plus grosses facs de Londres. Leur gros avantage sur les P'tits Chinois, c'est que je peux mémoriser leurs visages et comprendre leurs noms. Et aussi qu'on a un peu plus le même âge, la même situation académique, etc... Situation académique, parce que la plupart des étudiants étrangers non-Erasmus sont en fait là pour tout leur Bachelor (équivalent de la Licence).

Et puisqu'on est arrivé jusqu'à la fac, parlons-en. University College London est une sorte de Paris 4 locale, avec des pâtés de bâtiments entiers pour elle, en compétition avec King's College (le Paris 1 local) pour la troisième place britannique derrière Oxbridge.... Et la comparaison s'arrête là.
Ici, toute démarche administrative s'effectue en un simple courriel, pas forcément à la personne directement concernée. On peut demander à un vendeur de T-shirts UCL où est la photocopieuse, il téléphone immédiatement à quelqu'un qui lui donne la réponse, qu'il me transmet. Tous les bouquins de toutes les bibliothèques sont directement accessibles sans avoir à roupiller une demi-heure en attendant que quelqu'un aille le cherche pour toi. Il y a des salles internet en veux-tu en voilà et un réseau wifi sur tout le campus. On peut manger ou travailler dans des espaces conviviaux. Il y a une sorte de corpo à financement mixte, la Students' Union, qui propose des tonnes d'activités (ça aussi j'en parlerai à part, ce billet est déjà trop gros)... Rien à voir avec la Sorbonne niveau agrément quoi.

Voili voilou, je finis de prendre mes marques dans tout ça, et la suite au prochain épisode. 8-)

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dimanche, septembre 30 2007

Monopoly France : Votez !

Votez !
Votez bien !
Votez Montcuq !
Pour ridiculiser de manière ludique cette institution du gros jeu long et chiant qu'est le Monopoly en foutant le nez des «communiquants» dans leur [CENSURE EXPRESSE : concept], VOUS pouvez faire en sorte que le village de Montcuq remplace la Rue de la Paix dans l'édition prochaine du Monopoly France. \o/
Cette idée ainsi que les paragraphe qui suivent viennent de TricTrac, LE portail francophone des jeux de société... et des potaches.
Votez et faites passer ! ;)

Le message suivant est une copie de l'original, publié par Monsieur Phal sur TricTrac :


Montcuq au firmament !

Hasbro n'est pas à court d'imagination quand il est question de promotion de ses produits, surtout quand il s'agit de l'archi-célébrissime "Monopoly". Tenez, le Docteur Mops, toujours dans les bons listings des trucs qui comptent, a reçu le dossier du prochain "Monopoly", un "Monopoly" où vous, joueurs, avez votre mot à dire. J'explique.

Hasbro a eu l'idée géniale de faire un "Monopoly France" ! Ho, ne vous attendez pas à une variante qui rendrait le jeu, d'un coup, fin et subtil. Non. L'idée est de remplacer les noms des rues par des... Noms de villes ! L'idée marketing 3e Dan, c'est qu'un site est en ligne et que les gens sont invités à voter pour leur ville par exemple, et que si une ville finie dans les 22 premières, elle sera sur l'une des cases, forcément, en épousant la valeur de la case. Vous savez bien, dans le "Monopoly" classique, la rue de la Paix, c'est celle que l'on veut parce qu'elle coûte chère et qu'elle rapporte... Donc, tout le monde va se battre, cliquer à mort pour être le plus haut dans le classement pour occuper la place mythique.

Le truc, c'est que dès que le Docteur Mops a commencé à me parler de ce coup marketing, instantanément j'ai lu dans ses yeux l'idée du pôtache 6ème Dan qu'il avait eu, et avant même qu'il me l'expose, j'ai lancé un "ho, bon sang je suis ton homme". Un tour sur le site officiel ! "Yes, on peut voter pour n'importe quelle ville de France !". Alors mes amis, levons nous, rendons un hommage vibrant nous aussi à Jacques Martin, allons tous voter pour que "Montcuq" monte sur le trône ! Et si nous réussissons, on pourra dire en coeur "Il y a Montcuq dans le Monopoly" et, en jouant, quel plaisir de lacher un "Mais t'es sur Montcuq ! Tu me dois 500 €uros !".

Alors, comment procéder. Il suffit d'aller sur le site officiel créé pour l'occasion et de remplir le petit formulaire "Case Joker", c'est celui qui permet de saisir des villes de moins de 1000 habitants. Vous saisissez les infos. Le nom de la ville est "Montcuq" le département "46 - Lot" et pour les raisons de votre vote (optionnel), vous pouvez vous faire plaisir avec des "Quand on voit Montcuq, on a envie d'y revenir." ou des "Qui a visité Montcuq n'est plus le même homme"...

On peut voter une fois par jour et jusqu'au 10 Octobre 2007 ! Et si Montcul arrive en première place, rien ne nous interdit de trouver une autre ville au nom bien sympathique a faire entrer dans les 22...

Le site pour voter : cliquez là !
Pour se souvenir du sujet de Daniel Prévost sur Montcuq : cliquez ici !

Note : pour ceux qui n'arrive pas à écrire @ dans le formulaire, un copier/coller de votre mail fonctionne.

Add-on : Pour que Montcuq continue de briller au firmament, nous avons fait 2 spots de campagne avec le Docteur Mops...

Le premier (durée 1'22"): cliquez là !
Le second (durée 1'28"): cliquez ici !

Add-On bis : Nous avons... On nous a fait parvenir 2 spots de propagande pour montrer notre... de la détermination...

Le premier (durée : 43") : cliquez là !
Le second (durée 1'04"): cliquez ici !

Note : Lecteur flash et haut débit obligatoire...

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